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Petits colis hors-UE : 3 € de droits de douane par article dès le 1er juillet — ce que les PME doivent faire maintenant

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Dans quatre jours, le 1er juillet 2026, le commerce international de petits colis change de règles. La franchise douanière de 150 € — qui permettait aux envois de faible valeur en provenance de pays tiers (Chine, États-Unis, etc.) d’entrer dans l’Union européenne sans droit de douane — est supprimée. À sa place : un droit forfaitaire de 3 € par catégorie d’article, applicable à tous les colis d’une valeur inférieure à 150 €.

Pour les plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress, c’est la fin d’un avantage concurrentiel majeur. Pour les PME françaises qui importent ou vendent en dropshipping, c’est une révision urgente des structures de coûts. Voici ce que vous devez savoir et faire avant le 1er juillet.

Ce qui change le 1er juillet 2026
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Le règlement européen adopté par le Conseil de l’UE le 11 février 2026 (publié au Journal officiel de l’Union européenne le 18 février 2026) introduit deux changements majeurs :

  1. Suppression de la franchise de 150 € : jusqu’au 30 juin 2026, les marchandises importées de pays tiers avec une valeur douanière inférieure à 150 € étaient exonérées de droits de douane à l’entrée dans l’UE. Cette franchise est supprimée à compter du 1er juillet 2026.

  2. Droit forfaitaire de 3 € par catégorie d’article : en remplacement de la franchise, un droit de douane forfaitaire de 3 € par sous-position tarifaire s’applique sur les colis d’une valeur inférieure à 150 €. Ce mécanisme transitoire est prévu pour durer jusqu’au 1er juillet 2028, date à laquelle l’EU Customs Data Hub, le nouveau système douanier numérique européen, prendra le relais avec des tarifs normaux.

Comment se calcule concrètement ce droit de 3 € ?
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Le point crucial — et souvent mal compris — est que le droit de 3 € n’est pas calculé par colis, mais par sous-position tarifaire (c’est-à-dire par catégorie d’article selon la nomenclature douanière combinée).

Exemple concret : vous commandez dans un même colis deux blouses en soie et trois blouses en laine.

  • Blouse en soie → sous-position tarifaire A
  • Blouse en laine → sous-position tarifaire B
  • Résultat : 2 sous-positions × 3 € = 6 € de droits de douane UE pour ce colis

Si votre colis ne contient qu’un seul type d’article (une seule sous-position), le droit est de 3 €, quel que soit le nombre d’unités. En revanche, plus votre commande est diversifiée en termes de catégories de produits, plus le droit total augmente.

À retenir : pour les entreprises qui importent des assortiments variés en petits colis, le coût par commande peut rapidement dépasser 3 €. Un colis avec cinq catégories de produits différentes génère 15 € de droits UE.

Le cumul avec la TPC française : 5 € par article jusqu’au 31 décembre 2026
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Depuis le 1er mars 2026, la taxe sur les petits colis (TPC française, art. 82 LF2026) s’applique déjà à raison de 2 € par ligne de marchandise sur les colis hors-UE d’une valeur inférieure à 150 €.

À partir du 1er juillet 2026, les deux taxes se cumulent :

TaxeTauxDéclencheurJusqu’à
TPC française (art. 82 LF2026)2 €/articledepuis le 1er mars 202631 décembre 2026
Droit douanier UE3 €/catégorieà partir du 1er juillet 20261er juillet 2028
Total5 €/catégoriedu 1er juillet au 31 décembre 2026

La TPC française doit être abrogée au plus tard le 31 décembre 2026 (convergence avec le régime douanier européen), ce qui explique la limite de fin d’année.

À partir du 1er janvier 2027, seul le droit douanier UE de 3 €/catégorie subsistera, jusqu’en juillet 2028.

L’impact sur les marges : des chiffres qui parlent
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Pour illustrer l’effet sur la compétitivité et la rentabilité des PME, prenons quelques exemples :

Un article à 8 € importé de Chine (une catégorie) :

  • Avant le 1er juillet 2026 : 0 € de droits
  • Du 1er juillet au 31 décembre 2026 : 5 € de taxes (3 € UE + 2 € TPC)
  • Surcoût : 62,5 % de la valeur de l’article

Un article à 30 € (une catégorie) :

  • Avant le 1er juillet 2026 : 0 € de droits
  • Surcoût : 5 € → 16,7 % de la valeur

Un article à 120 € (une catégorie) :

  • Surcoût : 5 € → 4,2 % de la valeur

La mesure pénalise donc particulièrement les articles de faible valeur, c’est-à-dire précisément le segment sur lequel les grandes plateformes chinoises avaient construit leur modèle.

Qui est concerné ?
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Cette réforme touche plusieurs profils :

Les importateurs PME qui reçoivent des petites commandes (échantillons, réapprovisionnements partiels) de fournisseurs hors-UE. Chaque envoi < 150 € génère désormais des droits à acquitter.

Les e-commerçants français en dropshipping : si vos produits sont expédiés directement depuis un entrepôt en Chine ou aux États-Unis vers vos clients finaux en France, et que la valeur de l’envoi est inférieure à 150 €, le droit de 3 € s’applique. Selon votre modèle, c’est soit vous, soit votre fournisseur ou la marketplace qui collecte ce droit — vérifiez les conditions de votre contrat.

Les marketplaces (Temu, Shein, AliExpress, etc.) qui opèrent en Europe : elles doivent désormais collecter et reverser ce droit douanier pour les ventes aux consommateurs européens. La charge administrative et financière est réelle.

Les entreprises qui font fabriquer à l’étranger et reçoivent des prototypes ou échantillons en petits colis : chaque envoi de valeur inférieure à 150 € est désormais soumis au droit forfaitaire.

Ce que vous devez faire avant le 1er juillet
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1. Recalcuez vos marges sur les produits importés hors-UE

Identifiez dans votre catalogue tous les produits dont la valeur d’achat par colis importé est inférieure à 150 €. Pour chacun, ajoutez 3 € (dès juillet) ou 5 € (jusqu’en décembre) par catégorie d’article. Si votre marge nette sur ces produits était déjà serrée, la mesure peut les rendre non rentables.

2. Clarifiez qui paie le droit douanier dans votre chaîne logistique

Pour les achats sur marketplace (avec IOSS), c’est généralement la plateforme qui collecte les taxes à la commande et les reverse aux autorités. Pour les importations directes (hors IOSS), le droit est perçu à la frontière par la douane, auprès de votre commissionnaire ou transporteur. Relisez vos conditions commerciales et vos incoterms — notamment si vous êtes l’importateur officiel (DDU vs DDP).

3. Contactez votre commissionnaire en douane ou votre transitaire

Si vous importez directement, votre commissionnaire en douane ou votre service de livraison (DHL, FedEx, UPS, La Poste Colissimo international) va répercuter ces droits sur vos factures. Demandez-leur dès maintenant comment les nouvelles règles seront appliquées et facturées à partir du 1er juillet.

4. Étudiez des alternatives d’approvisionnement dans l’UE ou en stock local

Pour certains articles, l’écart de compétitivité-prix avec des fournisseurs européens sera désormais réduit. La réforme douanière est précisément conçue pour rééquilibrer le terrain de jeu. C’est le moment de réévaluer vos sourcing alternatifs.

5. Informez vos clients si nécessaire

Si vous répercutez le surcoût sur vos prix de vente, préparez une communication claire. La suppression de la franchise est largement couverte dans les médias — vos clients B2B ou B2C seront probablement déjà informés.

En résumé
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La suppression de la franchise de 150 € est une mesure structurelle de rééquilibrage du commerce européen, attendue de longue date par les distributeurs et fabricants européens. Pour les PME importatrices ou e-commerçantes, elle se traduit par un surcoût de 3 à 5 € par catégorie d’article sur les petits envois hors-UE à partir du 1er juillet 2026.

La réforme entre en vigueur dans 4 jours. Le temps de contacter votre transitaire, de recalculer vos marges et d’ajuster vos prix — si ce n’est pas encore fait — c’est aujourd’hui.


Sources
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