Aller au contenu
  1. Articles/

DSN de substitution 2026 : agissez avant le 5 mai pour éviter la correction forcée

·1225 mots·6 mins·
Sommaire

Depuis mars 2026, des milliers d’employeurs ont reçu dans leur espace URSSAF — ou via leur logiciel de paie — le Compte-Rendu Métier récapitulatif n° 124 signalant des anomalies non corrigées sur leurs Déclarations Sociales Nominatives 2025. Ce document déclenche une procédure précise : faute de réaction avant la DSN d’avril, l’URSSAF prendra la main et corrigera elle-même vos données dès juin 2026. Voici comment comprendre le mécanisme et agir avant qu’il soit trop tard.

La DSN de substitution, c’est quoi exactement ?
#

La DSN de substitution est un dispositif institué par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024 (loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023) et précisé par le décret n° 2023-1384 du 29 décembre 2023 (codifié à l’article R. 133-13 du Code de la sécurité sociale).

Le principe est simple : si une entreprise déclare des données erronées dans sa DSN — notamment sur les assiettes plafonnées soumises aux cotisations vieillesse — et ne les corrige pas malgré les alertes de l’URSSAF, celle-ci se substitue à l’employeur pour rectifier les déclarations directement auprès de la CNAV et d’Agirc-Arrco.

Il ne s’agit pas d’une sanction à proprement parler, mais d’un mécanisme de sécurisation des droits à la retraite des salariés. La conséquence financière pour l’employeur n’en est pas moins réelle : un rappel de cotisations peut suivre.

Ce qui est visé en 2026 : les codes DIPA01i et DIPA01j
#

En 2026, la campagne de substitution porte exclusivement sur deux codes :

CodeLibelléPopulation
DIPA01iAssiette brute plafonnée — temps pleinSalariés à temps plein
DIPA01jAssiette brute plafonnée — temps partielSalariés à temps partiel

Ces montants représentent la part de rémunération soumise aux cotisations vieillesse dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (PASS 2026 : 4 005 €/mois). Un écart d’1 € suffit à déclencher une anomalie dans les contrôles automatisés de l’URSSAF.

Les cas d’anomalies les plus fréquents sont :

  • Un plafond mal proratisé pour un salarié à temps partiel
  • Une période d’absence non intégrée dans le calcul
  • Un paramétrage logiciel de paie incomplet ou non mis à jour
  • Des multi-contrats créant des calculs croisés complexes

Le calendrier 2026 : une fenêtre qui se referme vite
#

Le dispositif fonctionne en quatre étapes :

1. CRM mensuel (tout au long de 2025)
#

Après chaque DSN, l’URSSAF a adressé des CRM signalant les écarts détectés. Ces alertes étaient visibles dans le tableau de bord « Suivi DSN » de l’espace en ligne ou dans les logiciels de paie compatibles.

2. CRM récapitulatif annuel n° 124 (mars 2026)
#

Pour toutes les anomalies non traitées sur l’ensemble de 2025, l’URSSAF a envoyé un CRM de synthèse :

  • 13 mars 2026 pour les entreprises à échéance du 5
  • 23 mars 2026 pour celles à échéance du 15

Ce document liste de façon exhaustive chaque anomalie résiduelle, salarié par salarié et mois par mois.

3. Phase contradictoire — fenêtre de régularisation (jusqu’au 5 ou 15 mai 2026)
#

L’employeur dispose de deux mois pour réagir. Deux options :

Option A : corriger Déposer une DSN « annule et remplace » pour les mois concernés, ou intégrer la régularisation dans la DSN d’avril (échéance 5 ou 15 mai 2026). C’est la voie recommandée si les anomalies sont avérées.

Option B : s’opposer Si vous estimez que les données déclarées sont correctes, vous pouvez formuler une opposition motivée directement dans le service « Suivi DSN » sur urssaf.fr. L’opposition doit être argumentée (explication technique ou juridique) et accompagnée de pièces justificatives. Elle suspend la substitution jusqu’à la réponse de l’URSSAF.

Attention : l’absence de réaction dans les délais vaut acceptation implicite des corrections de l’URSSAF.

4. DSN de substitution (juin 2026)
#

Sans correction ni opposition recevable, l’URSSAF émet unilatéralement une DSN de substitution. Elle transmet directement les données corrigées à la CNAV et à Agirc-Arrco. Votre logiciel de paie n’est pas sollicité. Vous recevrez ensuite un CRM de post-substitution détaillant les modifications opérées.

Les conséquences pratiques à ne pas sous-estimer
#

Pour l’employeur
#

Si la substitution génère un redressement des cotisations, une mise en demeure est émise. L’employeur a alors deux mois pour contester devant la Commission de Recours Amiable (CRA) de l’URSSAF. Des pénalités de retard peuvent s’appliquer sur les rappels.

Pour les salariés
#

Les données transmises à la CNAV et à Agirc-Arrco modifient les droits à la retraite des salariés concernés. C’est à l’employeur d’informer les salariés des corrections apportées à leurs bulletins de salaire.

L’ampleur du phénomène
#

Lors de la phase de rodage en 2025, près de 40 % des entreprises auraient reçu au moins un CRM mensuel signalant des anomalies non traitées. La campagne 2026 est donc susceptible de toucher un grand nombre de structures.

Mode d’emploi : que faire maintenant ?
#

Étape 1 — Vérifiez si vous avez reçu un CRM 124
#

Connectez-vous à votre espace en ligne URSSAF (menu « Suivi DSN ») ou interrogez votre logiciel de paie. Les CRM 124 ont été mis à disposition les 13 et 23 mars 2026.

Étape 2 — Analysez les anomalies signalées
#

Pour chaque écart :

  • Identifiez le salarié et la période concernés
  • Remontez à l’origine : erreur de saisie, mauvais paramétrage du plafond, absence non intégrée, temps partiel mal proratisé…
  • Vérifiez la cohérence avec les bulletins de paie originaux

Étape 3 — Choisissez votre option
#

SituationAction recommandée
Anomalie avérée (erreur de votre côté)Corriger via DSN « annule et remplace » ou régularisation en mai
Données correctes mais URSSAF signale un écartS’opposer de façon motivée dans « Suivi DSN »
DouteContacter votre conseiller URSSAF avant de décider

Étape 4 — Agissez avant la DSN d’avril
#

La date butoir est la DSN d’avril : le 5 mai 2026 pour les entreprises à échéance du 5, le 15 mai pour celles à échéance du 15.

Pour les cabinets comptables : une opportunité de conseil
#

Cette campagne est une occasion concrète de valeur ajoutée pour vos clients. Plusieurs actions préventives s’imposent dès maintenant :

  • Traiter les CRM mensuellement sans attendre le récapitulatif annuel
  • Automatiser les rapprochements entre bulletins de paie et données DSN exportées
  • Vérifier le paramétrage des plafonds dans chaque logiciel de paie (temps plein vs temps partiel, plafonds multi-contrats)
  • Constituer un modèle de réponse d’opposition pour les cas récurrents
  • Informer vos clients employeurs qui ne suivent pas directement leurs CRM

Le service « Suivi DSN » disponible dans l’espace tiers-déclarant de l’URSSAF permet aux cabinets de suivre les alertes de l’ensemble de leur portefeuille clients.

Ce qui arrivera dans les prochaines campagnes
#

Le périmètre de la DSN de substitution s’élargira progressivement. À partir de 2027, les anomalies sur les assiettes négatives seront également concernées. D’autres types de données (tranches Agirc-Arrco, état civil, NIR) devraient intégrer le dispositif dans les campagnes ultérieures.

Le signal est clair : l’URSSAF entend fiabiliser l’ensemble de la chaîne DSN. Pour les employeurs et les cabinets, le traitement mensuel des CRM n’est plus une option — c’est une nécessité.


Sources
#

Articles connexes