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Facturation électronique : Bercy annonce une tolérance jusqu'à fin 2026 — ce que ça change vraiment pour votre entreprise

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À quarante-neuf jours de l’entrée en vigueur de la facturation électronique obligatoire, Bercy change de ton. Réuni le vendredi 10 juillet 2026 avec la « communauté des relais » de la réforme — éditeurs, plateformes agréées, organisations professionnelles —, le ministre des Comptes publics David Amiel a annoncé une phase d’écoute et d’accompagnement allant jusqu’à la fin de l’année 2026, pendant laquelle l’administration s’engage à ne pas sanctionner automatiquement les entreprises de bonne foi rencontrant des difficultés. De quoi rassurer les nombreuses structures encore loin d’être prêtes — mais pas de quoi relâcher l’effort, prévient déjà le ministère.

Ce que Bercy a annoncé le 10 juillet
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Le message du ministre, relayé dans la foulée par plusieurs médias économiques et professionnels, tient en une phrase : « Il n’y aura pas au démarrage de cette réforme de sanctions pour les entreprises de bonne foi qui rencontrent une difficulté, qui la documentent et prennent les mesures nécessaires pour la corriger. » L’administration promet une « approche tolérante et bienveillante, fondée sur le dialogue, la bonne foi et la proportionnalité ».

Concrètement, cette tolérance s’appliquerait aux entreprises qui, au 1er septembre 2026, se heurteraient à un incident technique avéré — problème de raccordement à leur plateforme agréée, anomalie de format de facture, retard d’inscription à l’annuaire — à condition de pouvoir démontrer leur bonne foi et des démarches actives de mise en conformité.

Ce que la tolérance ne couvre pas
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Le ministère a pris soin d’encadrer précisément le périmètre de cette bienveillance annoncée, pour éviter tout effet d’aubaine. Sont explicitement exclus de la tolérance :

  • l’absence totale de démarche engagée avant le 1er septembre (aucune plateforme choisie, aucune inscription à l’annuaire) ;
  • le refus délibéré d’intégrer le nouveau système ;
  • le maintien volontaire de circuits de facturation parallèles, sans engagement de régularisation.

Autrement dit, cette phase d’écoute n’est ni un report de la réforme, ni une « période blanche » généralisée. La date du 1er septembre 2026 reste la date d’entrée en vigueur légale de l’obligation. Ce qui change, c’est la manière dont l’administration compte gérer, au démarrage, les manquements de bonne foi — pas le calendrier lui-même, ni le cadre juridique des sanctions posé par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 123), que nous avions détaillé dans un précédent article : 50 € par facture non électronique, 500 € puis 1 000 €/trimestre en cas d’absence de plateforme de réception, 500 € par manquement d’e-reporting.

En clair : les textes de sanction restent en vigueur au 1er septembre, mais leur application aux entreprises de bonne foi documentant un incident ponctuel sera temporairement suspendue jusqu’à fin 2026. Pour une entreprise qui n’aurait engagé aucune démarche, en revanche, l’exposition aux amendes reste entière dès le premier jour.

Où en est réellement le taux d’équipement des entreprises ?
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Cette annonce intervient alors que le retard structurel du parc d’entreprises françaises reste important. Selon les chiffres cités lors de cette réunion du 10 juillet, la part des entreprises déclarantes à la TVA disposant effectivement d’une plateforme agréée pour la facturation électronique progresse, mais reste minoritaire :

DatePart des entreprises déclarantes équipées d’une plateforme agréée
17 mai 202618,5 %
21 juin 202624 %
Fin juin 202627 %

À un peu moins de deux mois de l’échéance, environ trois entreprises sur quatre assujetties à la TVA n’ont donc toujours pas finalisé leur raccordement. C’est précisément ce constat qui explique le choix d’une communication de bienveillance : plutôt que de multiplier les sanctions dès septembre sur un parc encore largement sous-équipé, l’administration mise sur l’accompagnement pour achever la bascule d’ici la fin de l’année.

Pourquoi cette annonce ne doit pas être prise comme un feu vert pour attendre
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Le risque, pour les dirigeants et leurs conseils, serait de lire cette communication comme une invitation à repousser encore l’échéance. C’est précisément l’inverse que suggère la lecture attentive des conditions posées par le ministère : la tolérance ne bénéficie qu’aux entreprises pouvant prouver qu’elles ont déjà engagé la démarche et qu’elles rencontrent une difficulté ponctuelle et documentée — pas à celles qui n’ont encore rien fait.

Pour une PME ou une TPE qui n’a pas encore choisi de plateforme agréée, l’enjeu du mois de juillet reste donc inchangé : il s’agit de la dernière fenêtre réaliste pour se raccorder avant la rentrée, compte tenu des délais d’intégration technique de 6 à 10 semaines évoqués par les éditeurs de logiciels.

Comment documenter sa « bonne foi » en cas de contrôle
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Si l’on prend au mot l’administration, la bonne foi et les démarches correctives devront pouvoir être justifiées. Quelques réflexes simples permettent de se prémunir :

  1. Conserver une trace écrite de la sélection de sa plateforme agréée (devis, contrat, échanges avec l’éditeur), même si le raccordement technique n’est pas encore finalisé au 1er septembre.
  2. Documenter tout incident technique rencontré : ticket d’assistance ouvert auprès de la plateforme, capture d’écran d’un message d’erreur, échange de mails avec le support.
  3. Garder la preuve des actions correctives engagées : relances, changement de prestataire, montée de version du logiciel comptable.
  4. Ne pas laisser filer les délais : un incident documenté en septembre mais toujours non résolu en décembre ne bénéficiera plus de la même bienveillance.
  5. Solliciter son expert-comptable pour tenir un dossier de conformité, utile en cas de contrôle ultérieur de la DGFiP.

En résumé
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Ce qui changeCe qui ne change pas
Pas de sanction automatique pour une entreprise de bonne foi documentant un incident technique, jusqu’à fin 2026La date d’entrée en vigueur de l’obligation reste le 1er septembre 2026
Approche fondée sur le dialogue et la proportionnalité, annoncée par le ministre David Amiel le 10 juillet 2026Le barème des sanctions de la LF2026 reste en vigueur (50 €/facture, 500 €/1 000 € par trimestre, 500 €/manquement e-reporting)
L’absence totale de démarche ou le refus délibéré restent sanctionnables dès le premier jour

Cette phase d’écoute est une bonne nouvelle pour les entreprises déjà engagées dans leur mise en conformité mais susceptibles de rencontrer un aléa technique à la bascule. Elle ne dispense en rien celles qui n’ont encore rien entrepris de le faire sans délai : au rythme actuel d’équipement, la marge de manœuvre réelle avant septembre est déjà réduite.


Sources :

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