Petite alerte de fin de mois pour les services RH et les gestionnaires de paie : la Direction générale des finances publiques a mis à jour le barème du prélèvement à la source (PAS) applicable aux rémunérations versées à partir du 1er mai 2026. Ce document, référencé BOI-BAREME-000037 et publié le 7 avril 2026 sur impots.gouv.fr, est la conséquence directe de la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu votée en loi de finances pour 2026. Les employeurs ont jusqu’au 30 avril pour paramétrer leur logiciel de paie — sans quoi les bulletins de mai contiendront des retenues à la source inexactes.
Rappel : comment fonctionne le barème PAS ?#
Le prélèvement à la source s’applique à tous les salariés depuis janvier 2019. La grande majorité d’entre eux dispose d’un taux personnalisé calculé par la DGFiP à partir de leur dernière déclaration de revenus. Ce taux, transmis automatiquement à l’employeur via la DSN, est propre à chaque salarié et tient compte de sa situation réelle (revenus du foyer, nombre de parts, etc.). Pour cette population, l’employeur n’a rien à faire : la DGFiP met à jour les taux personnalisés en septembre de chaque année.
Le barème publié dans BOI-BAREME-000037 concerne en revanche les situations où aucun taux personnalisé n’est disponible :
- Nouvelles embauches n’ayant pas encore déposé de déclaration de revenus en France
- Salariés ayant opté pour la non-transmission de leur taux à l’employeur (ils préfèrent conserver la confidentialité de leur situation fiscale)
- Certains contrats courts ou travailleurs occasionnels
- Erreurs de synchronisation DSN ponctuelles en attente de régularisation
Dans ces cas, l’employeur applique un taux neutre (aussi appelé taux non personnalisé) déterminé en fonction du montant mensuel du salaire brut imposable, d’après la grille publiée par la DGFiP.
Ce qui change au 1er mai 2026#
La loi de finances pour 2026 a revalorisé les tranches du barème IR de +0,9 %, en application de l’indexation sur l’inflation (indice des prix à la consommation hors tabac — glissement août 2024 / août 2025). Cette même revalorisation est répercutée sur les seuils de tranches du barème PAS à compter des rémunérations versées en mai 2026.
La grille des taux neutres (personne seule, sans enfant à charge)#
| Rémunération mensuelle nette imposable | Taux neutre applicable |
|---|---|
| Jusqu’à 1 592 € | 0 % |
| De 1 592 € à 1 742 € | 0,5 % |
| De 1 742 € à 1 853 € | 1,5 % |
| De 1 853 € à 2 059 € | 2,5 % |
| De 2 059 € à 2 428 € | 3,5 % |
| De 2 428 € à 2 792 € | 4,5 % |
| De 2 792 € à 3 337 € | 6 % |
| De 3 337 € à 3 964 € | 7,5 % |
| De 3 964 € à 4 898 € | 9 % |
| De 4 898 € à 6 097 € | 10,5 % |
| De 6 097 € à 7 698 € | 12 % |
| De 7 698 € à 10 980 € | 14 % |
| De 10 980 € à 14 570 € | 16 % |
| De 14 570 € à 22 505 € | 18 % |
| Au-delà de 22 505 € | 20 % |
Source : BOI-BAREME-000037 du 7 avril 2026 — DGFiP (revenus versés à compter du 1er mai 2026).
Important : cette grille est celle applicable à une personne célibataire sans enfant à charge. La DGFiP publie également des grilles pour les couples et personnes avec enfants. Pour les DOM (Guadeloupe, Martinique, La Réunion) et la Guyane/Mayotte, des grilles spécifiques sont également disponibles dans la même documentation BOFiP.
Pourquoi +0,9 % change-t-il quelque chose en pratique ?#
Un exemple concret : un salarié en contrat court, embauché en mai 2026, sans taux personnalisé DGFiP, perçoit une rémunération nette imposable de 1 600 €/mois. Avec l’ancien barème, ses 1 600 € dépassaient légèrement le seuil de la première tranche (anciennement ~1 578 €), ce qui lui imposait un taux neutre de 0,5 %. Avec le nouveau barème, le seuil remonte à 1 592 € — son salaire reste au-dessus, la différence est minime. Mais pour un salarié à 1 588 €, la situation s’inverse : il passe sous le nouveau seuil de 1 592 € et bénéficie d’un taux neutre de 0 % au lieu de 0,5 %.
Ces ajustements à la marge sont la règle à chaque revalorisation annuelle. L’impact sur la retenue individuelle est faible (quelques euros), mais l’application d’une grille obsolète constitue une erreur de retenue à la source dont l’employeur est responsable.
Qui doit agir — et comment ?#
Les éditeurs de logiciels de paie#
La bonne nouvelle : dans la quasi-totalité des cas, votre éditeur de paie a déjà intégré la mise à jour. Les principaux logiciels (Sage, Silae, Cegid, ADP, Payfit, Lucas…) déploient automatiquement les nouveaux paramètres dans leurs bases de données réglementaires, souvent sous forme de mise à jour automatique ou de patch correctif.
Action recommandée : vérifier que votre logiciel est bien à jour et que la version de mai 2026 intègre le BOI-BAREME-000037. Un simple contrôle dans les paramètres “barème PAS” ou “taux neutre” suffit. Si votre éditeur communique sur les mises à jour réglementaires, cherchez une mention de la mise à jour “PAS mai 2026” dans les notes de version.
Les PME utilisant des tableurs ou des outils maison#
C’est ici que le risque est réel. Si vous gérez votre paie avec un tableur Excel ou un outil développé en interne, la grille ne se met pas à jour automatiquement. Vous devez :
- Télécharger la nouvelle grille depuis impots.gouv.fr (rechercher BOI-BAREME-000037)
- Mettre à jour les seuils de tranches dans votre outil
- Vérifier les calculs sur un bulletin test avant de lancer la paie de mai
Les cabinets comptables gérant la paie pour leurs clients#
Votre responsabilité couvre l’exactitude des retenues à la source. Assurez-vous que votre outil de production de paie est mis à jour avant de lancer les traitements de mai. En cas de retenue incorrecte, la régularisation doit être faite sur la paie du mois suivant avec une information au salarié concerné.
Quelles conséquences en cas de retard ?#
L’application d’un barème obsolète génère deux types de situations :
Retenue trop faible : le salarié paiera un complément lors de la régularisation annuelle (déclaration de revenus 2026, en 2027). Il n’y a pas de pénalité directe pour l’employeur, mais cela peut créer une mauvaise surprise pour le salarié et engager la responsabilité de l’employeur en cas de litige.
Retenue trop élevée : le salarié reçoit un remboursement lors de sa déclaration. Là encore, pas de pénalité directe, mais une erreur factuelle susceptible de susciter des questions de la part des salariés concernés.
Dans les deux cas, l’employeur devra corriger la DSN de mai dès que l’erreur est constatée, via une DSN rectificative. Plus la correction est rapide, plus la régularisation est simple.
Calendrier de paie de mai : une deadline serrée#
La paie de mai est souvent versée en fin de mois (25 ou 30 mai). Mais certaines entreprises, notamment dans les secteurs de la restauration, du BTP ou du commerce, versent les salaires en début de mois (2 ou 5 mai). Pour ces dernières, la mise à jour du barème doit être opérationnelle avant le 30 avril — sans marge de manœuvre.
Checklist avant la paie de mai
- Vérifier que votre logiciel est à jour (version intégrant BOI-BAREME-000037)
- Identifier les salariés auxquels vous appliquez un taux neutre (absence de taux personnalisé DGFiP)
- Mettre à jour manuellement le barème si vous utilisez un tableur
- Tester un bulletin avant de lancer le traitement global
- Contacter votre éditeur si aucune note de mise à jour n’a été reçue
Un point sur les taux personnalisés : rien à faire#
Pour rappel, si vous gérez la grande majorité de vos salariés avec des taux PAS personnalisés transmis par la DGFiP, vous n’avez rien à faire en mai. Ces taux sont gérés automatiquement par la DGFiP, mis à jour chaque année en septembre, et transmis à l’employeur via la DSN. Le barème BOI-BAREME-000037 ne s’applique qu’aux situations de taux neutre, qui restent minoritaires dans la plupart des entreprises.
En résumé#
| Point | Détail |
|---|---|
| Document | BOI-BAREME-000037 du 7 avril 2026 |
| Applicable | Rémunérations versées dès le 1er mai 2026 |
| Changement | Revalorisation +0,9 % des seuils de tranches du taux neutre |
| Concerne | Salariés sans taux personnalisé DGFiP (nouvelles embauches, non-transmission volontaire…) |
| Action requise | Mise à jour logiciel de paie avant le 30 avril 2026 |
| Risque si omis | Retenue inexacte → DSN rectificative + régularisation salarié |
Ce n’est pas la mise à jour de l’année la plus spectaculaire, mais c’est l’une de celles que les services de paie ne peuvent pas se permettre de rater. Avec une date limite au 30 avril, il est temps d’agir.
Sources :
