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Trésorerie de PME : 6 leviers concrets à activer avant la rentrée

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Août est souvent le mois le plus silencieux de l’année côté encaissements — clients en congés, chantiers au ralenti, factures qui s’accumulent en attente de règlement — et le plus chargé côté anticipation, puisque le dernier trimestre concentre plusieurs échéances fiscales et sociales lourdes (CFE, quatrième acompte d’IS, CVAE). C’est le bon moment pour reprendre la main sur sa trésorerie avant que l’étau ne se resserre. Voici six leviers concrets, tous fondés sur des dispositifs légaux existants, à la portée d’un dirigeant de PME et de son expert-comptable.

1. Faire respecter (vraiment) les délais de paiement clients
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Le délai de paiement entre professionnels est encadré par l’article L. 441-10 du code de commerce : à défaut d’accord entre les parties, il est de 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation. Les parties peuvent convenir d’un délai plus long, mais plafonné à 60 jours à compter de la date de facture, ou, par exception et à condition que cela soit stipulé expressément au contrat, à 45 jours fin de mois.

Trop de PME laissent filer des factures sans activer les pénalités auxquelles elles ont pourtant droit de plein droit, sans mise en demeure préalable, dès le lendemain de la date d’échéance :

  • des intérêts de retard, calculés au taux directeur de la BCE majoré de 10 points (sauf taux différent prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal) ;
  • une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €, due automatiquement, à laquelle peut s’ajouter une indemnisation complémentaire si les frais réels de recouvrement la dépassent.

Concrètement : mentionner ces pénalités sur chaque facture (obligation légale par ailleurs) et relancer systématiquement dès le premier jour de retard change souvent le comportement de paiement des clients, sans qu’il soit nécessaire d’engager une procédure contentieuse.

2. Utiliser les nouveaux leviers côté charges fixes
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Depuis cet été, la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 (loi n° 2026-403) a ouvert un levier peu connu pour les locataires commerciaux : le nouvel article L. 145-32-1 du code de commerce permet d’exiger la mensualisation du loyer commercial, sans que le bailleur puisse s’y opposer (sous réserve d’absence d’arriérés non contestés). Pour une activité qui payait son loyer au trimestre, lisser la charge sur douze échéances plutôt que quatre réduit mécaniquement les pics de sortie de trésorerie. Le même texte plafonne désormais le dépôt de garantie exigible par le bailleur à un trimestre de loyer (article L. 145-40 du code de commerce).

Le réflexe symétrique doit s’appliquer côté fournisseurs : dans les limites légales rappelées au point 1, rien n’empêche de renégocier un échéancier plus favorable avec ses principaux fournisseurs, notamment ceux avec qui la relation est ancienne et la dépendance mutuelle.

3. Mobiliser le poste clients avant l’échéance
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Quand le décalage entre décaissements et encaissements devient structurel, trois outils permettent de transformer une créance non échue en trésorerie immédiate :

  • L’affacturage : une société d’affacturage rachète les créances clients et avance leur montant (généralement 80 à 90 % immédiatement, le solde à l’encaissement, déduction faite de commissions). Adapté à une activité récurrente avec un volume de facturation suffisant.
  • L’escompte commercial : mobilisation d’un effet de commerce (traite) auprès de la banque avant son échéance, moyennant des agios.
  • La cession ou le nantissement de créances professionnelles, dite « cession Dailly » (articles L. 313-23 à L. 313-34 du code monétaire et financier) : un établissement de crédit accorde un financement adossé aux créances professionnelles de l’entreprise, matérialisé par un bordereau normalisé.

Ces trois solutions ont un coût qu’il faut comparer au coût d’un découvert bancaire classique — mais elles ont l’avantage de ne pas peser sur les ratios d’endettement au bilan de la même façon qu’un emprunt.

4. Vérifier son régime de TVA : encaissements ou débits
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Pour les prestations de services, la TVA est en principe exigible lors de l’encaissement du prix (article 269 du CGI). Il est toutefois possible d’opter pour le régime des débits, c’est-à-dire de la rendre exigible dès la facturation. Cette option, qui simplifie le suivi comptable (la TVA suit la même base que le résultat), a un effet de trésorerie important pour une entreprise dont les clients paient tardivement : elle avance la TVA à décaisser avant même d’avoir encaissé la facture correspondante. À l’inverse, rester au régime des encaissements (le régime de droit commun des prestataires de services) aligne le décaissement de TVA sur l’encaissement réel — un point à vérifier avec son expert-comptable si l’option pour les débits a été prise par le passé sans que la situation de trésorerie actuelle ne le justifie encore.

5. Anticiper le calendrier de fin d’année, particulièrement chargé
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Le dernier trimestre concentre plusieurs échéances significatives pour les entreprises soumises à l’IS : le solde de CFE (pour les entreprises redevables, avis disponible fin octobre/début novembre, paiement au 15 décembre), le quatrième acompte d’IS pour les grandes entreprises redevables de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices, et, selon la clôture, le premier acompte d’IS de l’exercice suivant. Provisionner mensuellement une quote-part de ces échéances connues à l’avance — plutôt que de les découvrir au moment de payer — reste le moyen le plus simple d’éviter une tension de trésorerie prévisible.

6. Suivre trois indicateurs plutôt que le seul solde bancaire
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Le solde du compte bancaire à un instant T est un mauvais indicateur de pilotage : il ne dit rien de la dynamique. Trois ratios, calculés mensuellement, donnent une vision beaucoup plus utile :

  • Le besoin en fonds de roulement (BFR) = stocks + créances clients − dettes fournisseurs. Un BFR qui augmente plus vite que le chiffre d’affaires est un signal d’alerte précoce.
  • Le délai de paiement clients (DSO – Days Sales Outstanding) = (créances clients TTC / chiffre d’affaires TTC) × 365. À comparer au délai contractuel réellement accordé.
  • Le délai de paiement fournisseurs (DPO – Days Payable Outstanding) = (dettes fournisseurs TTC / achats TTC) × 365.

L’écart entre DSO et DPO donne une bonne image du financement du cycle d’exploitation par le crédit interentreprises : plus le DSO dépasse le DPO, plus l’entreprise finance ses clients sur ses fonds propres ou sa trésorerie.

À retenir
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Aucun de ces leviers ne nécessite de dispositif exceptionnel ou de négociation bancaire complexe : ce sont des droits déjà inscrits dans le code de commerce, le code monétaire et financier ou le code général des impôts, souvent sous-utilisés. Une revue trimestrielle de ces six points avec son expert-comptable — délais de paiement réellement appliqués, option de mensualisation des loyers, opportunité de mobiliser le poste clients, cohérence du régime de TVA, provisionnement des échéances de fin d’année, suivi BFR/DSO/DPO — permet d’anticiper plutôt que de subir les tensions de trésorerie de la rentrée.

Sources
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